Dimanche 12 février 2012
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16:31
04°44'N, 100°35'E
Cultiver la mangrove pour produire du bois et du charbon de bois, tout en assurant la protection de l'écosystème, voilà ce que l'on sait faire en Malaysia depuis plus d'un siècle. Ce sont les
Britanniques qui en 1902 créèrent ce domaine de 40 000 hectares dans lequel la mangrove s'épanouit à la faveur d'un climat équatorial. Peu à peu les techniques de foresterie appliquées à la
mangrove ont été mises au point. Les rotations sont de trente ans. Les espèces cultivées sont Rhizophora mucronata, R. apiculata, Bruguiera parviflora, B. cylindrica. On produit des
poteaux et depuis 1930 un excellent charbon de bois exporté au Japon.
Les visiteurs peuvent y observer 156 espèces d'oiseaux, la panthère Felis bengalensis, le macaque à longue queue, etc. Grâce à l'abondance de juvéniles de crevettes et de poissons, la
mangrove de Matang permet le maintien d'une prospère activité halieutique.
A lire :
Lebigre, J.M., 1998.- Restauration de mangroves et plantation de palétuviers : contraintes et aléas. In : MAINET, G. (ed) - Iles et
littoraux tropicaux - VIIe Journées de Géographie tropicale (Colloque de Brest - 11-12-13 septembre 1997). Nantes Ouest éditions Presse Académique, Tome 2 : Sociétés et espaces littoraux et
insulaires dans les pays tropicaux : 371-380.
Imagerie satellitale Google earth 2006
Imagerie satellitale Google earth 2006
Imagerie satellitale Google earth 2006
Kompong - Imagerie satellitale Google earth 2006
Par Jean-Michel Lebigre
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Dimanche 22 janvier 2012
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10:50
Les mangroves de la Mondah offrent à l'observation un phénomène qui ne semble pas avoir été signalé ailleurs [sauf en Papouasie où cela a été attribué à la foudre (sic)] : l'existence de petits
ensembles de palétuviers dont le limite, très nette, a un contour circulaire (photos 32 et 33). Par commodité nous avons appelé ces ensembles structures circulaires. Ces structures
circulaires couvrent deux zones correspondant à la pointe Busimba (fig. 67) et à la confluence de la Kam et de la N'Tsini.
a. Description des structures circulaires
Les structures circulaires ont un diamètre de 10 à 120 mètres. Les palétuviers qui les forment sont généralement de petite taille (2 à 3 m). Ils sont presque toujours de taille inférieure à ceux
qui constituent la formation encaissante ou celle de la proximité des chenaux (photo 34). Dans le cas contraire les palétuviers de la structure circulaire sont affectés par un mitage révélateur
des peuplements vieillissants mal régénérés. C'est Rhizophora harrisonii qui dans tous les cas observés apparaît d'une manière monospécifique au sein des structures
circulaires. Autour prédomine R. racemosa associé à quelques R. harrisonii.
Alors que la taille des R. harrisonii de la structure circulaire est très homogène (2 m environ, parfois 3 m), sur le pourtour ces palétuviers sont un tout petit peu
plus hauts. A la périphérie on note une auréole de quelques mètres de large dépourvue de palétuviers mais encombrée de nombreuses racines aériennes en arceaux provenant des Rhizophora de la
formation encaissante. Ce secteur paraît être très légèrement déprimé (flaques résiduelles à marée basse). Cependant l'existence de cette auréole n'est pas générale. La formation encaissante est
composée d'arbres de taille hétérogène comme tous les groupements de R. racemosa (de 5 à 10 m là où nous avons échantillonné).
L'analyse minéralogique des sols et les mesures de pH n'ont pas révélé d'anomalies (voir plus loin la description de la séquence). Tant à l'intérieur qu'à l'extérieur les pH in situ sont voisins
de 6,5 quelle que soit la profondeur. Après séchage à l'air libre, les échantillons prélevés à 90-100 cm s'acidifient fortement (pH entre 2,1 et 3,4) ceux de surface un peu moins. Cela est en
fait tout à fait semblable à ce que l'on trouve ailleurs sous Rhizophora, de même que l'aspect très fibreux (radicelles) de ces sols.
b. Les structures circulaires dans la zonation
On trouve quelques structures circulaires dans les zones moyennes et amont mais elles sont rares et mal dessinées même si les caractères généraux restent identiques. En fait la quasi-totalité des
structures circulaires s'observe, comme nous l'avons vu, en deux endroits précis. La pointe Busimba est dissymétrique : sa partie orientale paraît appartenir aux zones frontales; sa partie
occidentale en revanche forme une zone nettement définie par les structures circulaires.
On peut émettre de multiples hypothèses sur l'origine de structures circulaires. Elles pourraient tout d'abord (c'est la première idée qui vient généralement à l'esprit) correspondre à des
dolines, mais leur absence totale d'organisation rend cette idée peu crédible. On peut également concevoir qu'elles correspondent à des concentrations de minéraux ou à des imprégnations d'eau de
source dans le sol. Mais les analyses montrent le contraire. Par ailleurs F. Blasco nous a suggéré que le phénomène pourrait être dû à Armillaria (les armillaires sont
des champignons parasites qui attaquent les arbres en formant des nécroses circulaires au sein de certaines forêts), ce que nous n'avons pas pu vérifier. A ces hypothèses mal étayées nous
préférons celle d'une succession évolutive particulière de la mangrove.
Extrait de : Lebigre, J.M., 1990.- Les marais maritimes du Gabon et de Madagascar, contribution géographique à l'étude d'un milieu naturel tropical. Université de
Bordeaux 3, thèse de doctorat d'Etat, 3 livres, 194 fig., 94 ph.
Par Jean-Michel Lebigre
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Mercredi 4 janvier 2012
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16:23
Peuplé d'environ 3 000 habitants permanents, l'atoll d'Ouvéa s'étend sur 132 km2 autour d'un immense lagon. La dissymétrie est forte entre la partie orientale soulevée et la partie occidentale
affaissée, suite à un grand basculement. Officiellement les marais à mangrove couvrent 235 ha mais en fait probablement davantage, ceux d'Unyee n'ayant pas été recensés. Il s'agit de marais de
lagunes en voie de colmatage, voire de fermeture (Teuta, Unyee). Nul cours d'eau n'y aboutit car la circulation des eaux continentales est marquée par l'endoréisme karstique. L'inventaire
floristique reste à faire mais on trouve au moins les genres Avicennia, Rhizophora et Bruguiera dans ces marais.
La lagune de Lekiny et ses mangroves en contrebas des célèbres falaises à encoches - Image Google earth de 2002
Marais de Teuta - Image Google earth de 2006
Par Jean-Michel Lebigre
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Samedi 10 décembre 2011
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23:51
25°17'N, 51°36'E
Mangrove Cay Airport est le nouvel aéroport de Doha, la capitale du Qatar. Dans ce pays du Golfe connu pour être le
plus grand pollueur de la planète par habitant (53,4 tonnes de CO2 par personne et par an), Avicennia marina forme de beaux peuplements que l'on peut visiter notamment à Al Khor et à Al Wakra.
Mangrove Cay avant la construction de l'aéroport (Image Google earth de 2004)
Mangrove Cay après la construction de l'aéroport (Image Google earth / GeoEye de 2010)
25°45'N, 51°33'E : mangrove à Qatar (Image Google earth / GeoEye de 2010)
mangrove à Qatar (Image Google earth de 2006)
mangrove à Qatar (Image Google earth de 2006)
Par Jean-Michel Lebigre
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Jeudi 3 novembre 2011
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23:53
La République des Seychelles, connue pour ses îles et littoraux granitiques (Inner Islands) au coeur de l'océan Indien, ne couvre que 450 km2 mais comporte quelques belles mangroves
(environ 2 000 ha), notamment à Aldabra, sur l'île de Mahé, à Praslin et à Curieuse. On y observe les mêmes sept espèces de palétuviers qu'à Madagascar (1) (2). A Mahé, une partie de ces
mangroves a été détruite à l'occasion de remblais.
(1) Rhizophora mucronata (Rhizophoraceae)
Bruguiera gymnorrhiza (Rhizophoraceae)
Ceriops tagal (Rhizophoraceae)
Avicennia marina (Avicenniaceae)
Sonneratia alba (Sonneratiaceae)
Xylocarpus granatum (Meliaceae)
Lumnitzera racemosa (Combretaceae)
(2) Heritiera littoralis et Pemphis acidula ne sont pas des palétuviers !
Mangrove à Mahé à l'embouchure d'un petit cours d'eau
Cailebotis au milieu du marais à mangrove à Curieuse
Mangrove à Praslin
Par Jean-Michel Lebigre
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