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Le site étudié par l'équipe de Christophe Sand se trouve sur la côte Est de la Nouvelle-Calédonie, sur le territoire de la tribu de Tiouandé, entre Hienghène et Touho (20°44’S). Comme on peut le voir ci-dessous sur l'imagerie satellitale, on est dans la mangrove à l'embouchure de la Tiouandé.

 

Il s’agit d’une des régions les plus arrosées de l’archipel : 2752 mm par an de 1961 à 1990 à Touho. Plusieurs chicots calcaires se dressent au dessus de l’étroite plaine alluviale. Il s’agit de calcaires cristallins paléocènes que l’on retrouve un peu plus au nord-est, organisés en un ensemble linéaire de petits massifs bordant le lagon à Lindéralique et à Hienghène. C’est là que se trouve la fameuse « poule couveuse », une petite île escarpée façonnée dans ces roches. Les formes, verticales et aiguës, évoquent celles des tsingy. Petites galeries perchées et salles y sont nombreuses. A Tiouandé, des abris sous roche donnant directement accès à la mangrove ont favorisé l’établissement de groupes humains depuis près de 3 000 ans. Au sommet du massif principal, ont été mis en place des aménagements défensifs, nouvel exemple de ce que peuvent être des « karsts refuges ».

 

L’ouvrage constitue le bilan bien illustré (nombreuses figures et photographies) des fouilles archéologiques entreprises en 1999 sur 16 sites peu éloignés les uns des autres. Le matériel découvert est particulièrement abondant : sépultures, céramique de la tradition intermédiaire de Balabio, parures, outils, tests de mollusques, ossements de poissons, sans parler d’empreintes négatives de mains sur les parois. Grâce à cette étude, la preuve est enfin faite que l’occupation humaine est un phénomène aussi ancien au Nord-est de la Grande Terre que sur la côte ouest. Par ailleurs, on a obtenu la confirmation de l’émergence d’un « ensemble culturel kanak » il y a environ mille ans. Cela s’est traduit par l’intensification de l’occupation des bassins-versants à mettre en parallèle avec une accélération du colmatage en matériaux terrigènes du petit estuaire de la Tiouandé. La disparition de la forêt pluviale à fougère arborescentes d’une partie des versants est donc un phénomène beaucoup plus ancien que ce que l’on pouvait être enclin à croire jusqu’à présent.

 

Sand, Christophe (dir.), 2001.- Tiouandé – Archéologie d’un massif de karst du Nord-est de la Grande Terre (Nouvelle-Calédonie). Département Archéologie du Service des Musées et du Patrimoine de Nouvelle-Calédonie (BP 2393, Nouméa) : Les Cahiers de l’Archéologie en Nouvelle-Calédonie, vol. 12, 136 p.

 

Tiouande 2003 JML 072

Tiouandé (photo JM Lebigre)

NC Tiouande 2004 GE1km

Le site de Tiouandé et ses mangroves (Google Earth, 2004, L = 4 km)

NC Tiouande 2004 GE200m

Le massif de Tiouandé (Google Earth, 2004, L = 800 m)

Tag(s) : #Ouvrages

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