Madagascar

Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 18:25

23°00'S, 43°29'E

On a beaucoup parlé des mangroves de Manombo à la suite de l'assassinat de Gérald Fontaine. En voici une succinte description.

Extraits du chapitre 9 [Lebigre, J.M., 1990.- Les marais maritimes du Gabon et de Madagascar, contribution géographique à  l'étude d'un milieu naturel tropical. Université de Bordeaux 3, thèse de doctorat d'Etat, 3 livres, 194 fig., 94 ph.]

 

MAD Manombo JML 1986 14

Une mangrove appropriée par les communautés villageoises

MAD Manombo JML 1986 13

Terebralia palustris en abondance = abondance de carbonate de calcium

 

4. LE MARAIS MARITIME DE MANOMBO-FITSITIKA

 

            Situé à une cinquantaine de kilomètres au nord de Tuléar, le marais maritime de Manombo-Fitsitika, que l'on pourra observer des dunes qui portent le gros village de pêcheurs du même nom (250 pirogues), porte la mangrove la plus belle de la région (fig. 102).

 

FIGURE   102  : Le marais maritime de Fitsitika (S.W. de Madagascar)

 

MAD Manombo 2011 100

Image Google Earth

 

            A. LE CONTEXTE GEOMORPHOLOGIQUE

 

            Le marais maritime de Fitsitika se situe à l'embouchure de la Manombo (23° de latitude sud) petit fleuve intermittent prenant sa source à une centaine de kilomètres plus à l'est, dans le massif calcaire du Mikoboka (1081 m); ce n'est qu'à l'occasion des crues exceptionnelles que la rivière perce le cordon littoral qui barre son cours et répand ses alluvions; une partie de celles-ci en se déposant dans le lagon de Ranobe à l'abri du récif, est à l'origine du marais.

 

            Le delta qui s'est formé à l'embouchure de la Manombo n'a qu'un faible développement : quelques centaines d'hectares dont une grande partie en champs de dunes vives (notamment des barkhanes au niveau du village de Fitsitika).

 

            Autour du delta s'étendent plusieurs systèmes de dunes : (1) à l'est, les sables roux tatsimiens;  (2) au nord, derrière la dune bordière un système de dunes paraboliques karimboliennes;  (3) au sud, une dune bordière et un cordon sableux parallèle séparent la mangrove d'une dépression salée à Salicornia inondée en saison des pluies, en voie d'aménagement salicole.

 

            Le delta est le point de départ du grand récif-barrière de Ranobe qui se développe en direction de Tuléar vers le sud : au nord du marais maritime, le récif reste accolé à la côte gardant, l'aspect d'un récif-frangeant. Sans sa protection la mangrove n'aurait pu se développer dans ce qu'il convient d'appeler un site de lagon ou de chenal d'embarcation.

 

            B. LA VEGETATION : DE FORTS CONTRASTES

 

            Le marais maritime de Fitsitika est pour l'essentiel constitué par une mangrove (voir chapitre 3 : fig. 27); il n'existe qu'un petit tanne linéaire à la limite du cordon sableux et un marécage d'eau faiblement saumâtre d'extension réduite au nord.

 

            La mangrove d'une surface d'environ 400 ha, s'étire sur plus de 10 km du nord au sud, mais en fait au delà du cinquième kilomètre et jusqu'à Andrevo elle se réduit à un mince liseré de palétuviers. Nous nous proposons de décrire quatre ensembles s'articulant du nord au sud.

 

1. au nord : prairie marécageuse et mangrove dulcicole

 

            Au nord, l'inféro-flux de la Manombo alimente le marais maritime  en eau douce. Cet ensemble enserré entre des dunes est peu soumis aux influences marines, ce qui explique l'existence d'un marécage d'eau faiblement saumâtre et d'une mangrove à Xylocarpus. La prairie marécageuse est formée d'Acrostichum aureum, Typha angustifolia et Cypéracées (Scirpus sp.). La conductivité de l'eau de la nappe varie entre 2,1 et 5,9 mmhos / cm en saison sèche.

            Xylocarpus granatum, autour des chenaux, et Bruguiera gymnorrhiza sont les deux palétuviers qui forment l'essentiel des peuplements de la mangrove; mais on y observe aussi Avicennia marina et Rhizophora mucronata auxquels se mêlent quelques Ceriops tagal. Quant à Lumnitzera racemosa, il est caractéristique des bordures de cet ensemble en association avec des herbacées. La présence de Sonneratia alba est plus surprenante (Cf. la partie consacrée à cette espèce) : ce taxon omniprésent dans le marais maritime  de Fitsitaka, se trouve ici en partie interne de la mangrove, mêlé à des herbacées.

 

            Les habitants de Fitsitika défrichent actuellement cette partie du marais, pour créer de petites parcelles encloses par des palissades en branchages de palétuviers et cultivées en canne à sucre. Jusqu'à 1989, cela n'affectait encore que de toutes petites surfaces, mais actuellement on assiste à un véritable massacre de cette partie du marais maritime (constaté lors d'une excursion avec P. Vasseur).

            Sous un défrichement  destiné à fournir du bois de feu, la conductivité de la nappe était de 33 mmhos/cm. Par contre juste à côté, l'eau du chenal bordé par Xylocarpus, prélevée à marée basse, avait une conductivité de 7,9 mmhos.

 

2. La mangrove à Rhizophora et à Avicennia

 

            Immédiatement au sud, la mangrove revêt une zonation floristique assez classique. Du chenal d'embarcation vers le cordon sableux on a :

 

1) une zone pionnière à Sonneratia alba et Avicennia marina,

2) une zone à Rhizophora mucronata prenant la succession des palétuviers précédents encore présents,

3) une zone à Rhizophora mucronata en peuplement dense et au sous-bois épais; quelques Sonneratia alba s'y mêlent de plus en plus épisodiquement,

4) une zone interne à vieux Rhizophora mucronata de 8 à 10 m de haut avec quelques grands Bruguiera gymnorrhiza et localement dans le sous-bois de rares Ceriops tagal d'un mètre de haut environ. Un grand nombre de ces arbres sont mourants. On n'y observe pas de jeunes plants de Rhizophora au niveau du sol. Les grands Rhizophora mucronata sont remarquablement beaux, munis de racines aériennes qui pendent des grosses branches et couverts d'innombrables lichens.

 

            La mangrove ne butte pas directement sur le cordon sableux : elle en est séparée par un étroit tanne vif en cours de formation (mais la partie interne du tanne est couverte d'une pelouse de Cyperus laevigatus) à la limite de laquelle on observe quelques  Thespesia populnea et des Pluchea grevei. Cette zone est particulièrement menacée par les coupes de bois : ces beaux arbres sont une aubaine pour les bûcherons, d'autant plus que les charrettes peuvent se rendre ici sans difficulté. L'existence d'une mangrove de si belle venue sous un climat subaride ne peut s'expliquer que par les infiltrations d'eau douce de la Manombo; cela se vérifie au fur et à mesure que l'on s'éloigne vers le sud : la taille des palétuviers de cette zone floristique interne diminue et le tanne s'élargit.

 

3. La mangrove pionnière

 

            Au sud, la mangrove pionnière forme un gros appendice orienté parallèlement au récif : c'est Sonneratia alba qui domine dans ce secteur. La présence de bosquets bien individualisés dispersés sur la basse-slikke semblerait indiquer une colonisation rapide, mais l'examen des photos aériennes et l'existence de vieux palétuviers aux pneumatophores géants (jusqu'à 1,40 m de haut) au sein de ces bosquets révèle une dynamique saccadée sans doute liée à quelques grandes crues exceptionnelles à la suite desquelles il se produit un engraissement de la basse-slikke.

 

            La zonation floristique serait semblable à celle de l'ensemble précédent si à Rhizophora mucronata ne succédait pas Avicennia marina sous forme d'un peuplement de petite taille laissant finalement la place à un minuscule tanne.

 

4. Le liseré de mangrove méridional

 

     Le liseré de mangrove méridional qui suit le cordon sableux sur 5 à 6 kilomètres, jusqu'à Andrevo, est essentiellement constitué de gros Sonneratia alba et d'Avicennia marina pionniers. Cependant la mangrove atteint parfois une centaine de mètres de largeur ce qui permet une zonation floristique plus complète avec Rhizophora mucronata et Bruguiera gymnorrhiza. De petits tannes parallèles au rivage sur lesquels subsistent quelques palétuviers morts se sont même formés en arrière. L'existence de véritables sources d'eau saumâtre est attestée par de petites surfaces herbeuses au milieu des palétuviers et un sol très mou. A Andrevo, la mangrove, fortement exploitée par les villageois s'arrête brutalement, mais dans une proche lagune est envahie de Bruguiera gymnorrhiza et d'Acrostichum aureum.

 

            C. LA MANGROVE DE MANOMBO-NORD

 

       Ce petit marais de 1 100 m de long sur 400 m de large (une vingtaine d'hectares) est situé à 4 km au nord du précédent (22°56' lat.S) et bordé dans sa partie orientale par le système dunaire parabolique karimbolien. Il ne mériterait pas ce paragraphe s'il ne présentait la particularité d'être constitué par une mangrove uniformément belle (arbres de 10 à 12 m de haut) et de ne comporter aucun tanne; cela peut en effet surprendre lorsque l'on sait que la petite lagune colmatée à laquelle correspond ce marais ne reçoit pas le moindre cours d'eau. On peut donc supposer qu'il existe un apport d'eau douce par inféro-flux.

          La zonation floristique se présente ainsi de la mer vers les dunes :

1) Sonneratia alba et Avicennia marina dans la zone externe protégée par un récif-frangeant ;

2) Rhizophora mucronata et dans une moindre mesure Sonneratia alba en un peuplement de belle venue au sous bois très dense où la régénération spontanée des palétuviers est excellente; cet ensemble forme l'essentiel de la mangrove ;

3) quelques Bruguiera gymnorrhiza en bordure du marais et sur un petit cordon de sable non submersible (sur lequel on trouve également quelques autres palétuviers morts ou mourants, Caesalpinia bonduc, Scaevola plumieri, Thespesia populnea, Ipomea pes-caprae et Sporobolus sp.).

         D'un point de vue pédologique, le marais est constitué par un matériau riche en matière organique et en éléments coralliens souvent grossiers.

          La mangrove dans sa partie septentrionale vient butter sur un talus formé par des grès dunaires de couleur rouge transgressés par une petite dune bordière de sables blancs, et criblés de gros alvéoles.

 

MAD Manombo JML 1986 12

Une bonne régénération

Par Jean-Michel Lebigre - Publié dans : Madagascar - Communauté : Milieux, territoires, images
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Mercredi 18 avril 2012 3 18 /04 /Avr /2012 17:12

23°21'S, 43°38'E

La plage de la Batterie présente un phénomène qui à défaut d'être unique (on peut le retrouver à Belalanda, à Androka ou dans le Nordeste brésilien) est plutôt rare.

Extraits de thèse repris dans

Lebigre, J.M., 1997.- Les marais à mangroves du Sud-Ouest de Madagascar - Des palétuviers et des hommes au pays des épines. In : Milieux et sociétés dans le Sud-Ouest de Madagascar. Talence, CRET et DyMSET, Collection "Iles et archipels" n° 23 : 135-242.

 

2. Un phénomène exceptionnel : une mangrove perchée sur dune

 

            La dune qui borde le flanc occidental de la mangrove de la Batterie présente un couvert très lâche de palétuviers (fig. 99). Ce phénomène particulier quoique très ponctuel, mérite qu'on s'y arrête.

 

MAD Batterie 2009 GEy60

Image Google Earth

             Son origine est vraisemblablement liée au recouvrement éolien, qui se poursuit encore aujourd'hui, du chenal le plus occidental de la mangrove de la Batterie. Un fait fondamental s'impose en effet : Avicennia peut survivre à l'ensablement comme on l'observe sur le flanc de la dune duquel dépassent les frondaisons des palétuviers les plus récemment touchés par le sable.

 

Mad Toliara3 JML 097R

 

            On peut donc penser que les Avicennia marina que l'on découvre au sommet de la dune ne sont en fait que la partie sommitale des palétuviers les plus grands après l'enfouissement de leur partie inférieure : "...seuls quelques rameaux émergent du sommet de la dune, promis à un enfouissement prochain..." pouvait écrire H. Weiss en 1972. Seize ans plus tard, les "rameaux" ne sont toujours pas enfouis; mieux, ils restent vivaces, fleurissent et donnent des fruits ! Il faut donc se résoudre à penser soit qu'il s'agit d'un développement des palétuviers enfouis, ce qui serait déjà un phénomène exceptionnel, soit de palétuviers plus jeunes établis sur la dune à partir de plantules issues des arbres enfouis ce qui serait tout aussi extraordinaire.

 

MAD Toliara JML 01R

 

            L'examen des arbres incriminés montre qu'ils poussent aussi bien sur les flancs qu'au sommet de la dune (+ 8 à 10 m), à un niveau équivalent à celui des cimes des Avicennia les plus grands de la mangrove située en contrebas (fig. 100). Par ailleurs, là où l'érosion éolienne déchausse leur système racinaire, apparait alors un étagement de racines subhorizontales munies de pneumatophores non fonctionnels, comme si les arbres étaient montés en même temps que la dune, par paliers successifs. Si tel est le cas, cela prouverait les formidables capacités d'adaptation de ce taxon à un milieu radicalement différent de son milieu d'origine, et confirmerait la première hypothèse émise dans le paragraphe précédent.

 

Av sur dune JML

FIGURE 100 : Essai de reconstitution de l'évolution des peuplements d'Avicennia marina sur dune de la figure précédente :

A. La dune recouvre progressivement le marais

B. Quelques Avicennia subsistent et continuent à se développer en hauteur malgré le sable qui devrait provoquer leur asphixie; le ravitaillement en eau a lieu au niveau de la nappe

C. A chaque stade de nouvelle accumulation de sable se crée un niveau racinaire à pneumatophores non fonctionnels; ces niveaux racinaires permettraient aux palétuviers de récupérer une partie de l'eau des précipitations

D. La dune continue à avancer dégageant les parties enfouies des Avicennia

Par Jean-Michel Lebigre - Publié dans : Madagascar - Communauté : écologie nature et histoire
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Mardi 26 avril 2011 2 26 /04 /Avr /2011 23:34

Le marais maritime de la Rivière Saint-Vincent (helodrano Andefitra, environ 3 500 ha) est sans aucun doute l'un des  plus intéressants de Madagascar. A ce titre, il mérite impérativement d'être classé en aire protégée, bien davantage que n'importe quelle autre mangrove de Madagascar.

Le marais se présente en effet comme une vaste baie en majeure partie colmatée et bordée par des dunes grésifiées ou des épandages sableux. Nul fleuve n'aboutit dans cette baie, ce qui suscite bien des interrogations à propos de la provenance de l'énorme masse des sédiments l'ennoyant; on peut supposer qu'une partie est venue du Mangoky et que le reste résulte de l'action du vent et du ruissellement sur les dunes grésifiées, ce qui semble attesté par une forte teneur des sols en carbonates.

La mangrove ne présente aucune originalité par rapport à celle du marais maritime voisin de Tsingilofilo : s'y affirme la prédominance de grands peuplements de Rhizophora mucronata bas et assez uniforme, autrefois exploités pour le tanin (chapitre 16). On peut y distinguer un ensemble septentrional, situé entre l'île d'Anolotano et le village d'Antaniloba, d'un ensemble sud-occidental plus petit entre l'extrémité méridionale de cette île et le cap Saint-Vincent. C'est la Rivière Saint-Vincent, grande crique formée par deux chenaux de marées anastomosés, qui constitue le trait d'union entre les deux ensembles. Autour du rétrécissement qui correspond à sa partie centrale, passé un rideau de Rhizophoracées atteignant par endroit 6 à 8 mètres de haut, les palétuviers, des Avicennia, se clairsèment rapidement.

 

MAD Tsingilofilo JML

Croquis : Les marais maritimes  de la Rivière Saint-Vincent et de Tsingilofilo   

MAD Tsigilo JML 1986 13

Travail de terrain à la Rivière Saint-Vincent

MAD StVincent JML 1988

Un aspect du marais : mosaïque de tannes vifs et de tannes à Arthrocnemum indicum

 

Derrière la mangrove et en son sein sous forme d'aréoles, un tanne vif, que des contours irréguliers rendent difficiles à définir, constitue une transition plus ou moins étendue avec le tanne herbeux. Nous arrivons là à l'essentiel, car c'est le tanne herbeux qui donne son indéniable personnalité au marais maritime de la Rivière-Saint-Vincent. On peut différencier plusieurs faciès de ce qu'il convient d'appeler tanne herbeux mais que l'on pourrait également qualifier de savane à palétuviers tant le paysage échappe aux classifications établies. 

Le faciès à Sclerodactylon paschystachya et à boqueteaux d'Avicennia est un des plus intéressants. Vers le centre du marais (lieux-dits Karabe et Ankilibe sur la carte) on découvre de grandes surfaces couvertes soit de "danga" (Sclerodactylon paschystachya, une Poacée endémique), soit encore d'Arthrocnemum indicum et de Salsola littoralis, plus rarement de Sporobolus. Les bosquets d'Avicennia marina qui ponctuent la plaine herbeuse, correspondent à de petites cuvettes situées environ un mètre en dessous de la surface principale. Le dessin grossièrement linéaire de  la plupart de ces cuvettes laisse penser qu'il s'agit d'anciens chenaux dont une partie du cours a été obstruée par des dépôts. Au S.-E. du marais deux mares permanentes sont également bordées d'Avicennia marina; nous y avons observé lors d'un passage de flamants roses et de dendrocygnes (Dendrocygnus bicolor et D. viduata).

 

Extrait de : Lebigre, J.M., 1990.- Les marais maritimes du Gabon et de Madagascar, contribution géographique à  l'étude d'un milieu naturel tropical. Université de Bordeaux 3, thèse de doctorat d'Etat, 3 livres : chapitre 9.

Par Jean-Michel Lebigre - Publié dans : Madagascar - Communauté : Naturaliste
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Mercredi 9 mars 2011 3 09 /03 /Mars /2011 13:38

Au nord du delta de la Linta , le marais de Namboleambary [24°56’S-44°02’E] qui se présente comme une immense étendue tourbeuse saumâtre, couverte principalement d'Acrostichum aureum  et de Typha angustifolia, couvre l'étendue d'une ancienne lagune.  Au nord de celle-ci, on trouve quelques beaux tannes. La lagune est coupé de la mer par des cordons littoraux sableux mais l'eau marine y pénètre et en ressort par filtration au rythme des marées. Frangée et parfois couverte de palétuviers (Lumnitzera racemosa et Bruguiera gymnorhiza notamment), cette lagune est actuellement, de manière surprenante, en voie de colonisation spontanée par Casuarina equisetifolia. Au nord apparaissent quelques secteurs tannifiés. Pendant le colonisation, on avait promis ce marais à des aménagements rizicoles, projet qui n'a jamais abouti. C'est aujourd'hui, pour la région d’Androka, le principal site de production en matériaux de construction de l'habitat : roseaux et typhas.

Référence :

Lebigre, Jean-Michel, Réaud-Thomas, Guilène, Rejela, Michel, 2001.- Androka (Extrême-Sud de Madagascar) : cartes d’évolution des milieux. Bordeaux, CRET, Iles et Archipels  n° 30, 72 p. et 2 cartes hors texte.

 

MAD ANDROKA JML 1996

Une vue de la partie orientale du marais 

MAD Namboleambary GE2004 200

Le Nord du marais : mangrove et tannes - Image Google Earth de 2004, L = 800 m

MAD Namboleambary GE2004 200B

Détail au Sud-Est : prairies marécageuses arborées - Image Google Earth de 2004, L = 800 m

 


Par Jean-Michel Lebigre - Publié dans : Madagascar - Communauté : Naturaliste
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Mercredi 2 mars 2011 3 02 /03 /Mars /2011 16:56

 

Madag MMM JML

Par Jean-Michel Lebigre - Publié dans : Madagascar - Communauté : Milieux, territoires, images
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